Le Cinema de Quartier - Episode 1
Cette semaine, ou plutôt devrais-je dire ce week-end, j’ai regardé quelques films et j’ai eu l’envie de vous faire profiter de mes humbles talents de critique cinéma du dimanche ! Je sais : aujourd’hui tout le monde s’autoproclame expert en quelque chose mais rassurez-vous je ne suis pas le magazine Positif.
Donc, pour commencer, je vais vous parler du film Solomon Kane, inspiré de l’oeuvre d’un de mes écrivains fétiches : Robert Erwin Howard. Ce dernier, trop connu dans nos contrées pour les stéréotypes véhiculés par la vision que le public garde de sa création la plus connue - Conan le Barbare ; ce dernier donc fut aussi l’un des “trois mousquetaires” de la revue Weird Tales , une revue pulp constituée en grande majorité de récits de Fantasy (Sword and Sorcery) et de contes fantastiques.
Aujourd’hui, on assiste à une véritable renaissance de son oeuvre puisque, chez nous, les éditions Bragelonne éditent avec talent certains ouvrages de son opulente bibliographie. Mais ce phénomène se poursuit aussi aux USA mais cette fois à Hollywood. Qu’en en juge : l’année dernière Solomon Kane, cette année Conan le Barbare (inévitable) et bientôt Red Sonja (avec Megan Fox pour les amateurs !).
Ceci étant dit, il me faut, enfin, parler du film. Tout d’abord le choix de l’acteur James Purefoy fut des plus judicieux puisque la photographie du film aidant, on le prend parfois pour un petit Hugh Jackman (son accoutrement de puritain rappelle aussi beaucoup celui du film Van Helsing en version gothique). Au demeurant, il s’en tire très bien et son jeu d’acteur, sans être bouleversant, reste sobre (un bon point pour moi vu les cabotins présents dans nombre films de ce genre). Pour les autres, surtout le sorcier maléfique sensé joué le bad guy du film, c’est quasiment de l’invisibilité !
Nombreux sont les effets spéciaux mettant en scène des créatures maléfiques, ces derniers étant très laids surtout vers la fin. Il y a aussi les séides habituels, une bande de malfrats caricaturaux (faciès déplaisant, absence de dents, crasse, immoralité garantie) jusqu’au grotesque puisqu’ils sont encore enlaidis par le pouvoir( inversion satanique du toucher guérisseur de Jésus ) de l’âme damnée du sorcier !
L’histoire, quant à elle, met en scène un mercenaire (Purefoy/Kane), qui découvre que son âme est vouée au diable. Le personnage de R.E. Howard était un fanatique religieux anglican, on comprend donc que les pontes d’Hollywood aient voulu lisser ce côté politiquement incorrect du personnage… Il était mauvais, il est voué à l’Enfer donc il partira en quête de rédemption. Après avoir vécu presque un an dans un monastère, il doit repartir sur les routes (sinon pas de film !) et fait la rencontre d’une famille anglicane en route vers le Nouveau Monde. Une idylle platonique semble naître entre Solomon et la jeune vierge de la famille, laquelle, sous le coup d’une promesse faite à son père mourant, deviendra le symbole de cette possible rédemption pour Kane.
Si les amateurs de Freud n’étaient pas encore satisfaits, il me faut encore ajouter un drame familial qui sous-tend toute l’intrigue du film (parler de famille dysfonctionnelle dans le cas de Solomon Kane est un euphémisme). Le grand Max Von Sydow y incarne une figure paternelle des plus éthérées et le final se clôt un peu vite à mon goût - la jeune fille/prétexte est bien vite renvoyée chez sa mère (après tout elle est mineure!).
Le pire pour un athée comme moi, c’est la présence très pesante des symboles religieux : démons (humains ou créatures), moines, scène de crucifixion, attitudes christique de Kane, deus ex machina (la lumière divine) et j’en passe. Normal me direz-vous pour un film centré sur la quête de rédemption d’un homme qui désormais sera l’adversaire le plus acharné du Malin ? Peut-être, mais j’aurais aimé un film plus porté sur l’adrénaline et un vrai personnage, pas une caricature. Un voeu pieux sans doute….
La bonne surprise vint sans doute de Veronika décide de mourir. J’avais tout à craindre puisque le film est tiré d’un roman de Paulo Coehlo, littérature que je considère comme de la “cuisine”. Autant Jodorowsky me fascine par sa capacité à entremêler apologues, mythologies et sagesse universelle sans sombrer dans le New Age, autant cet auteur me semble surfer sur la même vague que James Cameron avec son Avatar (je ferai une chronique spéciale de ce film après l’avoir revu avec mes enfants, seul digne public (?) d’un tel ramassis de clichés).
« Jeune, belle, épanouie dans son travail, Veronika mène une vie sans surprise. Un jour d’hiver, elle prend une dose massive de somnifères espérant s’endormir à jamais. A son réveil, la jeune femme se retrouve dans un hôpital psychiatrique où elle n’apprend qu’elle n’a plus que quelques jours à vivre. Confrontée à une totale remise en question, Veronika va découvrir de nouvelles raisons de vivre malgré le peu de temps qu’il lui reste… »
Je vous avais prévenus dans mon premier article, je suis parfois une vraie midinette. Je ne loupe aucune comédie romantique (ou presque, on a tous ses limites). Et bien, le hasard fait bien les choses puisque si le film parle du mal-être d’une femme qui veut en finir avec la vie, cela devient une magnifique histoire d’amour, très sobre (même si le partenaire de la magnifique Sarah Michelle Gellar joue un peu trop le schizophrène halluciné) et joliment accompagné par une bande originale très mélancolique. Un grand coup de coeur !
Autre surprise, dans un autre registre, L’Immortel, un film extraordinaire : un casting cinq étoiles (Marina Fois, Jean Réno, Jean-Pierre Darroussin, Kad Merad dans un rôle à contre-emploi superbe) un scénario bouleversant adapté d’un livre (pas encore lu mais j’en reparlerai) de Franz-Olivier Giesbert. A voir et revoir….
Charly Matteï a tourné la page de son passé de hors la loi. Depuis trois ans, il mène une vie paisible et se consacre à sa femme et ses deux enfants. Pourtant, un matin d’hiver, il est laissé pour mort dans le parking du vieux port à Marseille avec 22 balles dans le corps. Contre toute attente, il ne va pas mourir… Cette histoire est inspirée de faits réels, mais où tout est inventé, au coeur du milieu marseillais.
Je vous rajoute un petit lien sympa pour vous faire une idée de ce film :
http://www.commeaucinema.com/interview/jean-reno-est-immortel,180606
Enfin dernière petite chronique, mais pas la moindre, il s’agit du fameux Kick-Ass, le film (pas le comics dont je parlerai après l’avoir lu, la semaine prochaine). J’avais beaucoup apprécié Wanted, lequel bénéficiait d’un budget plus conséquent, d’un scénario assez différent du comics (lecture complémentaire indispensable !) et avait conservé en grande partie son discours politiquement incorrect.
Pour Kick Ass, le budget est revu à la baisse puisque c’est un studio indépendant qui supervise l’entreprise. C’est une bonne chose puisqu’on y découvre quand même une jeune demoiselle de 11 ans qui a fait de l’assassinat des malfrats son passe-temps favori (et elle ne fait pas dans la dentelle croyez-moi !).L’intrigue est basée sur un phénomène existant au Etats-Unis (ailleurs aussi, peut-être ?) ; je veux parler de ces citoyens lambdas qui décident de se déguiser en super-héros et de lutter contre le crime, voire plus simplement d’offrir leur civisme au service de la communauté.
Mark Millar aurait pu être directeur de marketing dans une autre vie : non seulement il a su vendre son produit (comme pour tous ses autres comics il pratique le marketing viral) mais il connaît très bien notre société de consommation et ses dérives. Il semble d’ailleurs beaucoup s’en amuser, mais le rire devient bien vite grinçant quand les conséquences du fantasmes d’un jeune adolescent deviennent réels en la personne de Big Daddy (Nicholas Cage qui cabotine très peu, heureusement) et sa fille Hit Girl (Chloé Moretz, la vraie star du film). C’est un film violent mais aussi très drôle et responsable par rapport à son sujet (cf. l’interview joint plus loin). Une suite est attendue et même si je peux m’en passer, je suis certain que Millar trouvera un nouveau truc pour me forcer à acheter ma place !
PS : Regardez bien cette magnifique séquence où les origines du couple Big Daddy/Hit sont expliquées via un comic motion illustré par John Romita Jr. : un pur moment de bonheur pour le geek que je suis !
Pour les néophytes, voici un court article sur le comic motion:
http://www.bodoi.info/news/2009-02-09/le-motion-comic-une-nouvelle-facon-de-faire-de-la-bd/11744
Enfin, voici aussi quelques liens musicaux pour passer un petit moment paisible :
http://vimeo.com/10123648 (coquin mais très beau)
http://www.sade.com/fr/home/ (un régal pour l’âme)
http://www.youtube.com/v/9-00msdAa8k (mon autobiographie sauf pour la vaisselle et les cheveux !)
http://www.dailymotion.com/swf/xyyid_jean-louis-murat-au-dedans-de-moi_music (j’adore cet interprète !)
http://www.youtube.com/v/syOK6zmpOe0&feature=related (un morceau auquel je suis fidèle depuis dix ans !)
http://www.youtube.com/v/LgGIOZiVCVU (tout simplement génial ! )
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